Fidélité absolue

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Voici le très beau duo d’amour de la fin du premier acte entre Madame Butterfly et Pinkerton.

Chio-Chio-San, Madame Butterfly vient de se faire maudire par sa famille qui n’accepte pas qu’elle se marie avec un marin américain. Dans ce duo, Pinkerton lui réitère son amour….. Butterfly, quant à elle, le déclare : elle est reniée, mais, heureuse.

Pinkerton repart ensuite du Japon, et il oublie bien vite sa femme japonaise. Cependant, elle l’attend, toujours et encore, confiante que son mari respectera sa parole !

Pavarotti et Freni nés dans la même ville Modène, la même année sont exceptionnels dans ce duo.

Madama Butterfly, Giacomo Puccini, , Mirella Freni, Luciano Pavarotti Herbert Von Karajan, Philarmonique de Vienne
Kimonos au Japon

Don Carlos

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Don Carlo, dans la version française, était l’attraction de la saison de cette année de l’opéra de Paris. Cet opéra exige six chanteurs de grande qualité pour honorer un opéra dit à la française complexe, parfois surprenant pour un Verdi, mais tellement prenant.

Une distribution considérée comme une distribution de rêve : la star Jonas Kaufmann bien sûr !!!!,   Ludovic Tézier, Sonia Yoncheva (encore une star), Hibla Gerzmava, Elina Garanca, Dmitry Belosselskiy.

Une mise en scène, là encore moderne, osée, mais finalement, convaincante. Au final six voix superbes. Mais pour moi, celui qui mérite les éloges est Ludovic Tézier. Baryton français, il m’a époustouflé, ému, ébloui. On connait ses qualités, mais dans cette interprétation, il fut extraordinaire. Sa voix chaude et puissante, son timbre juste et subtil, sa diction (c’est la version française qui fut représentée, certes ce fut plus simple pour lui) tout fut un régal, il a reçu une ovation méritée. Son rôle de Rodrigue est un rôle magnifique, des duos avec Carlo, envoutants un personnage empli de valeurs d’humanité, qui se sacrifie pour son ami, l’Infante Carlo.

Si vous avez la chance de pouvoir écouter Ludovic Tezier, n’hésitez pas sans modération. Je viens d’apprendre qu’une nouvelle interprétation de Lucia de Lamermoor en DVD a été lancée début 2018 avec Ludovic Tézier, elle serait parait il superbe. Je vais de ce pas, l’acheter….

Je vous propose le duo du premier acte entre Carlo et son ami Rodrigue. dans la version « live » de Riccardo Mutti à la Scala de Milan.

Don Carlo, Luciano Pavarotti (Don Carlos), Daniela Dessi (Elisabeth de Valois), Samuel Ramey (Philippe II), Luciana d’Intino (La princesse Eboli), Alexander Anisimov (Le grand Inquisiteur), Paolo Coni (Rodrigue) Riccardo Muti, Orchestre de la Scala de Milan, 1992 Espagne

La meilleure ?????

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Il y a quelques jours, nous avons posté (voir La tribune des critiques de disquescinq interprétations de la Traviata à l’aveugle…. et voici la révélation.

Interprétation 1

Montserrat Caballé & Georges Prêtre

J’aime beaucoup les interprétation de Montserrat Caballé, dont j’apprécie toujours bien-sûr la technique, mais mais surtout l’élégance et la finesse. Là encore, elle est sublime avec à la fin de l’air une délicatesse exceptionnelle.

Interprétation 2

Maria Callas &Carlo Maria Giulini: Orchestra & Chorus Of La Scala Milan

Eh oui, Callas, une version qui est hélas un peu « dégradée » par des grésillements. Beaucoup d’émotion, mais….

Interprétation 3

Ileana Cotrubas,&Carlos Kleiber: Bavarian State Opera Orchestra & Chorus

Pour moi la plus tragique, la plus intense. Peut être une voix moins posée et puissante que Montserrat Caballé, mais son interprétation écorchée, son intensité sont magnifiques. Sa lecture de la lettre de Giorgio Germont et sa déclaration Es Tardi sont déchirants. Ma préférée.

Interprétation 4

Anna Netrebko&Carlo Rizzi: Vienna Philharmonic Orchestra, 

Pas de reproche dans cette interprétation, techniquement très bonne, mais pour moi un peu « clinique »…. Pour Violetta, incarner le rôle impose, plus que de la technique ici assurément presque parfaite. J’aime beaucoup ses prouesses vocales, mais Cotrubas et Gheorghiu sont plus émouvantes.

Interprétation 5

Angela Gheorghiu&Georg Solti: Royal Opera House Orchestra

J’ai eu la chance de la voir à Paris il y a de nombreuses années, j’aime beaucoup la version de Solti, sa direction est énergique et délicate, équilibre toujours difficile. La soprano incarne merveilleusement cette courtisane qui se sacrifie. Une de mes interprétations favorites.

Donc pour moi, je choisi ILeana Cotrobas et je vous propose donc l’écouter dans le déchirant Duo du deuxième acte, Dite alla giovine, avec Sherill Miles impérial dans le rôle de Gorgio Germont.

Dite alla giovine sì bella e pura
ch’avvi una vittima della sventura,
cui resta un unico raggio di bene
che a lei il sacrifica e che morrà!

dont voici la traduction

Dites à votre belle et pure jeune fille
qu’une pauvre et malheureuse femme
qui n’a qu’un bien précieux dans la vie
le sacrifiera pour elle, et qu’elle mourra !

Ileana Cotrubas,&Carlos Kleiber: Bavarian State Opera Orchestra & Chorus
Soleil couchant

Eloge de la nuance

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Notre époque ne flatte guère la nuance. Dans notre monde numérique, il semble que tout doit être blanc ou noir, 1 ou 0… Les commentateurs, pour survivre, s’en donnent à coeur joie en surenchères et en caricatures binaires. Tout essai de nuance est gommé, balayé par notre déferlement de scoop agressifs ou flamboyants. L’outrance n’est plus un vice, mais au contraire, cela devient un moyen efficace de prise de parole ou de mise en « valeur ».

Alors plongeons-nous, dans la Vienne du 18ème et goutons aux délices nuancées de la musique du Chevalier à la Rose (Der RosenKavalier). Opéra de Richard Strauss sur un livret d’Hugo Von Hofmannsthal, composé au tout début du 20 ème siècle, alors que la Grande Guerre allait balayer toute nuance.

Le jeune Octavian a une maitresse la Maréchale. Il va subir un coup de foudre en rencontrant Sophie, pourtant destinée au grossier Baron Och. Voici l’air de la Rose, air de la première rencontre entre Octavian et Sophie dans une des versions, que je préfère, avec Elizabeth Schwarzkopf dans le rôle de la Maréchale, (que l’on n’entend pas dans cet extrait, mais je vous le promets, on écoutera prochainement le trio de la fin du dernier acte). Christa Ludwig (Octavian; le rôle masculin est chanté par une femme)  et Thereza Stich-Randall (Sophie) sont … comment dire….hors du temps ou ailleurs je ne sais..

Savourez la nuance.

Der Rosenkavalier, Richard Strauss,
Christa Ludwig, Thereza Stich-Randall, 
Philarmonia Orchestra Herbert von Karajan
Une Rose

La Traviata….. quel régal

Hier soir, la Traviata à l’Opéra de Paris ! Un beau spectacle, une belle soirée.

Une mise en scène quasi inexistante, certes dans de beaux décors, nous permet de nous focaliser sur les voix. Aucune star mondiale à l’affiche, mais nous avons découvert de jeunes excellents chanteurs.

Cette soirée fut excellente, sans atteindre les sommets, que seuls les miracles vocaux des soirées d’exception permettent. Viltaliy Bilyy interprète avec noblesse, et ensuite beaucoup de sensibilité, le père d’Alfredo. Une belle voix, qui fait merveille dans les duos du deuxième acte. Rame Lahaj, déjà remarqué dans Lucia, est un Alfredo avec une grande présence scénique, une belle ampleur de voix, malgré des aigus, certes précis, mais pour moi un peu pincés. Cependant, « l’oscar » mérité revient à Marina Rebeka. Elle a reçu une ovation du public à la fin du troisième acte, pour célébrer une prestation remarquable. J’ose une analogie un peu « affreuse », le premier acte fut un peu un acte de « rodage », beaucoup de sensibilité, mais parfois un peu de raideur, voire de faiblesse dans les aigus. Mais dès le deuxième acte, sa voix émerveille, puissance, sensibilité, fragilité, qui sied si bien à Violetta. Elle alterne avec brio toutes les facettes de sa voix et elle incarne avec beaucoup de présence et de sensibilité cette courtisane, qui se sacrifie par amour. C’était un plaisir de voir, sa propre jubilation après cette belle prestation, s’exprimer lors des nombreux, chaleureux et longs applaudissements du public conquis.

Verdi a écrit un chef-d’oeuvre, un opéra qui magnifie le rôle de Violetta, Un rôle exigeant et émotionnellement d’une intensité dramatique inouïe. J’ai eu la chance de voir de nombreuses fois cet opéra, je collectionne les interprétions CD et DVD, je les écoute en boucle…. mais la lassitude n’est jamais au rendez-vous ! Au contraire !

Un beau spectacle, une belle soirée, hier soir à l’Opéra de Paris !

Fin d’année, encore et tant mieux, une nouvelle version de la Traviatta avec Castrogono ou Alagna, Ludovic Tézier en Giorgio Germont (j’ai hâte de la revoir) et découvrir la Viletta de Ermonela Jaho.

L’extrait du jour, Montserrat Caballé au sommet de son art, un voix sublime, mais surtout une interprétation d’une intensité et d’une fragilité stupéfiante. Magnifique…

Montserrat Caballé; Georges Prêtre: RCA Italiana Opera Orchestra & Chorus
La Traviata Verdi

Sondra Radvanosky

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Hier, nous avons eu la chance d’écouter le Bal Masqué à l’opéra de Paris.

La mise en scène est classique, voire ennuyeuse, mais les décors et les costumes tout en noir et blanc sont imposants, certains pourraient dire lugubres, tant l’ambiance est sombre; mais les compositions noir et blanc sont toujours élégantes. (Raison aussi du choix de cette photo, dont les couleurs sont, comment dire, plutôt flash…)

L’orchestre est parfois un peu imposant et avec un tempo un « chouia » trop lent surtout au début, d’autant que deux interprètes avaient une faible amplitude : Renato interprété par Simone Piazzola, décevant; et Ulrica par Varduhi Abrahamyan dont les graves sont vraiment sans volume, pas de stupeur ou frayeur quand elle en appelle à Lucifer !

En revanche le reste de la distribution était excellent, les choeurs de l’Opéra Paris encore et toujours somptueux. Piero Pitri interprète un Riccardo vraiment convaincant, « la confrontation » avec Sondra Radvanosky s’annonçait périlleuse, mais malgré une ampleur parfois insuffisante, il interprète les airs avec intensité, justesse et sensibilité.

Mais les deux voix féminines d’Oscar et Amélia furent les plus ovationnées, et c’était plus que mérité.

Tout d’abord Nina Minasyan, dans le rôle d’Oscar, une artiste que je ne connaissais pas, qui avait interprété Lucia l’année, dernière mais je n’avais pu m’y rendre. Une voix lumineuse, limpide, agile et les vocalises furent crystalines et fluides. De plus son interprétation pétulante sur scène contrastait avec l’inertie de la mise en scène. Une découverte et j’ai hâte de l’entendre de nouvelles interprétations. Olympia des Contes d’Hoffmann en particulier.

Finissons pas la star Sondra Radvanosky. Je n’avais jamais eu l’occasion de l’entendre, sauf sur CD. Sa dernière apparition à l’Opéra de Paris date, je le crois, d’une dizaine d’années . Le premier acte m’a laissé craindre une certaine crispation dans les aigus…, mais ses interprétations d’ Ecco L’Orrido Campo, début du deuxième acte et le duo Teco io sto ont balayé le moindre de mes doutes, sa voix est somptueuse, une puissance impressionnante dans tous les registres, une large palette de nuances. Son interprétation de la supplique du 3ème acte Morrò, Ma Prima In Grazia pour pouvoir revoir une dernier fois son fils avant de mourir, fut boulversante.

Une belle soirée !!!!

Je vous propose donc d’écouter Sondra Radvanosky dans un des grands airs de Tosca. Vissi d’arte. Nous aussi essayons de vivre d’art !

Puccini, Tosca Vissi d’arte, Sondra Radvanovsky, Constantine Orbelian & Russia Philharmonia
Un bal masqué, mais cette fois coloré

Un Ballo in Maschera

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Cette année, la programmation de l’opéra de Paris fait la part belle à Verdi : Falstaff, Don Carlo, Le Trouvère, La Traviata et cette semaine commence le cycle un Ballo in Maschera.

Nous y allons dans quelques jours et bien sûr, nous ne manquerons pas de vous donner notre « avis » sur cette représentation. Ravi d’écouter pour ma part, pour la première fois Sondra Radnovsky, qui comme son nom l’indique est d’origine nord-américaine. (Américaine, naturalisée canadienne….. ). Elle sera également à l’affiche du Trouvère en juin à l’opéra de Paris dans le rôle de Leonora. C’est un star outre-Atlantique, qui a conquis le Met. J’ai hâte.

Cet opéra est inspiré de faits réels : à la cour de Suède, l’assassinat du roi Gustave III. L’opéra a subi moulte censures, car à l’époque en Italie on n’assigne pas un roi dans un spectacle. Donc les faits ont été transposés au Etats Unis …..

L’opéra, malgré de nombreuses invraisemblances, est un opéra très « élégant ». Riccardo di Warwick, le Gouverneur à Boston est amoureux en secret de Amelia, la femme de son meilleur ami : Renato. Celui-ci, par jalousie va participer à un complot et lors d’un bal masqué va tuer le Gouverneur.

Je vous propose un air de l’acte II, duo entre Amélia et Riccardo avec Solti à la baguette et  un beau duo Price et Pavarotti !

Luciano Pavarotti, Margaret Price, Georg Solti National Philharmonic Orchestra
Suède

Trahison !

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Nous avons, en fin d’année dernière, assisté à La Bohême, à L’Opéra de Paris, opéra somptueux de Giacomo Puccini, dans un Paris, soi-disant, incarnation de la vie de bohême au pied de Montmartre.

Les voix étaient magnifiques ….Nicole Carr, une Mimi tout en retenue; Aida Garfilunina, une Museta pétulante et exubérante; un Rodolfo, Atalla Ayan, sobre et élégant sans grande ampleur, mais on comprend ! quand on doit chanter dans un scaphandre…

Car, hélas une fois de plus, la musique et les voix sont « couvertes » par le bruit d’une mini-polémique due à la mise en scène de Claus Guth. Déjà sa vision de Rigoletto, de l’année dernière, ne m’avait pas complètement séduit. Heureusement, les voix étaient, là encore, au rendez-vous. Cette fois, la Bohême est transposée dans une navette spatiale pour les deux premiers actes, puis sur une planète (lunaire) pour les deux derniers. Les décors sont somptueux et bien plus élégants, que ceux de Star Wars, presque sorti en même temps !!! Mais honnêtement, cette transposition n’apporte rien à la dramaturgie de l’oeuvre. Passées la surprise, voire la stupéfaction, la mise en scène que l’on aurait pu espérer aérienne et spatiale reste conventionnelle, et finalement bien lourde, malgré les simulacres d’apesanteur mal mimés sur scène.

A la fin de la première partie, la salle a vrombi et un « trahison ! » tonitruant a résonné dans tous les gradins !!!!

Mais, il a suffi de fermer deux secondes les yeux, pour partir dans des voyages intergalactiques lors des grandes envolées lyriques de ce chef-d’oeuvre. Fermez les yeux et goutez, enivrez-vous avec Fréni et Pavarotti sous la baguette magique de Karajan : O Soave Fanciulla

La Bohème, Giacomo Puccini
Mirella Freni; Luciano Pavarotti, Berlin Philarmonic Orchestra Herbert Von Karajan Paysage « lunaire » en Islande