Eloge de la nuance

(Désolé, mais selon le browser il est parfois nécessaire de cliquer deux fois)

Notre époque ne flatte guère la nuance. Dans notre monde numérique, il semble que tout doit être blanc ou noir, 1 ou 0… Les commentateurs, pour survivre, s’en donnent à coeur joie en surenchères et en caricatures binaires. Tout essai de nuance est gommé, balayé par notre déferlement de scoop agressifs ou flamboyants. L’outrance n’est plus un vice, mais au contraire, cela devient un moyen efficace de prise de parole ou de mise en « valeur ».

Alors plongeons-nous, dans la Vienne du 18ème et goutons aux délices nuancées de la musique du Chevalier à la Rose (Der RosenKavalier). Opéra de Richard Strauss sur un livret d’Hugo Von Hofmannsthal, composé au tout début du 20 ème siècle, alors que la Grande Guerre allait balayer toute nuance.

Le jeune Octavian a une maitresse la Maréchale. Il va subir un coup de foudre en rencontrant Sophie, pourtant destinée au grossier Baron Och. Voici l’air de la Rose, air de la première rencontre entre Octavian et Sophie dans une des versions, que je préfère, avec Elizabeth Schwarzkopf dans le rôle de la Maréchale, (que l’on n’entend pas dans cet extrait, mais je vous le promets, on écoutera prochainement le trio de la fin du dernier acte). Christa Ludwig (Octavian; le rôle masculin est chanté par une femme)  et Thereza Stich-Randall (Sophie) sont … comment dire….hors du temps ou ailleurs je ne sais..

Savourez la nuance.

Der Rosenkavalier, Richard Strauss,
Christa Ludwig, Thereza Stich-Randall, 
Philarmonia Orchestra Herbert von Karajan
Une Rose